
Quels sont les liens entre alcool et travail ? . (05/08/2009)
Le milieu professionnel peut parfois favoriser l'usage d'alcool, a contrario, la consommation d'alcool est un facteur de risque professionnel en entraînant des effets délétères sur l'activité du salarié et donc de l'entreprise.
La prise en compte de la problématique alcool au travail s'avère délicate car se confronte au respect de la vie privée.
La consommation d'alcool est profondément ancrée dans les usages sociaux français, et notamment dans le cadre du travail. Les "pots" de départ, de promotion... et les repas d'affaires, favorisent et légitiment l'usage de l'alcool. (En 2003, Inserm : près d'un salarié sur 4 consommerait régulièrement de l'alcool sur son lieu de travail, avec ses collègues ou ses clients).
Il y a quelques dizaines d'années, la consommation d'alcool sur le lieu de travail représentait souvent une réponse aux conditions de travail difficiles : chaleur, travail physique... L'alcool servant de moyen d'étancher la soif, de s'hydrater.
Actuellement, l'évolution de l'outil de travail a remplacé la charge physique de travail par une augmentation de la charge psychique et psychologique mais aussi par le stress. L'alcool de ce fait, représente l'anti-stress ou l'anxiolytique par excellence.
Il faut savoir que l'ennui, la pénibilité physique du travail, le contact avec le public, sont des facteurs favorisant l'usage d'alcool.
Quels sont les effets de l'alcool sur le travail ?
Les effets de l'alcool sur le système nerveux sont connus. De faibles doses d'alcool (un ou deux verres) peuvent entraîner des modifications des capacités de travail : allongement du temps de réaction, diminution des réflexes, rétrécissement du champ visuel (attention aux angles morts!), baisse de la vigilance. L'alcool provoque aussi une certaine désinhibition qui va modifier les comportements et la prise de risques.
Dans le milieu du travail, la consommation d'alcool peut avoir des conséquences notables : problèmes de sécurité, accidents du travail et accidents de trajet : l'alcool serait responsable d'environ 15% des accidents du travail, ces accidents concernant surtout des salariés non alcoolo-dépendants.
De plus, les conséquences ne se limitent pas aux accidents du travail mais peuvent nuire à la productivité, à l'activité professionnelle elle-même, de par l'altération des capacités intellectuelles, de mémoire, d'apprentissage...
Plus largement, le risque alcool concerne la qualité de vie au travail, notamment la dégradation des relations entre collègues (agressivité, intolérance...), les retards à répétition, les arrêts de travail, l'absentéisme...
Tout cela représente un coût économique et social élevé pour l'entreprise.
Quels sont les aspects réglementaires ?
Le Code du Travail stipule qu' "il est interdit à toute personne d'introduire dans les établissements pour être consommé par le personnel, toutes boissons alcoolisées autres que le vin, la bière, le cidre, le poiré et l'hydromel". Cette législation date pour une partie de 1913 et se trouve donc inadaptée. Bien souvent, d'ailleurs, elle n'est pas appliquée. Souvent, le règlement intérieur fait office de législation. Cependant, bien souvent, la prévention n'y trouve pas sa place.
Alors que la problèmatique alcool est de la responsabilité légale des dirigeants, ceux-ci se sentent souvent démunis face à ces problèmes.
Le médecin du travail et les représentants du personnel sont donc les interlocuteurs privilégiés pour mener des actions de prévention et s'occuper des problèmes d'alcool sur le lieu du travail.
Le médecin du travail doit étudier l'aptitude d'un salarié à occuper son poste de travail. Il doit donc s'interroger sur le risque lié à l'alcoolisation du salarié par rapport au risque lié à sa fonction (travail de sécurité...). Le médecin du travail va aussi définir les meilleures conditions de travail possibles, être attentifs aux rythmes physiologiques et psychologiques en fonctin de ces conditions de travail.
Le médecin du travail a un rôle déterminant dans la prévention, dans l'orientation vers une prise en charge adaptée et un éventuel reclassement du salarié.
Les actions d'information et de prévention, qu'elles soient individuelles et collectives permettent souvent une diminution des problèmes alcool et une meilleure orientation, surtout dans les grandes entreprises, celles-ci ayant plus les moyens de faire intervenir des organismes extérieurs, de former des groupes relais, de mener des opérations de médiatisation......
source : http://www.thewebconsulting.com/

Extrait de
Lettre d'information du réseau santé et sécurité au travail - N° 80
(05/08/2009)
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