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Cannabis et cocaïne se répandent au travail (31/08/2010)

Date de mise en ligne : 31/08/2010.

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Santé

La consommation de drogues inquiète le monde de l'entreprise. Selon plusieurs études, 15 à 20 % des accidents du travail, de l'absentéisme et des conflits seraient liés à des addictions.

« En fumant du cannabis, je me sens bien plus investi dans la tâche que j'ai à effectuer. Je pense aller plus vite, un atout pour le métier que j'exerce : cuisinier. » Ce témoignage recueilli sur Internet n'est pas isolé. Fin juin à Paris, les premières assises nationales « Drogues illicites et travail » ont levé un tabou « sur ce phénomène complexe à étudier ».

Selon François Beck, de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé, « consommer du cannabis le matin, avant d'aller à son travail, concernerait 12 % des usagers actuels, soit environ 1 % des actifs ».

D'après l'Observatoire français des drogues et toxicomanies, 550 000 personnes, entre 12 et 75 ans, en prennent chaque jour. La cocaïne, elle, « est banalisée chez les cadres. Le travail ordinaire est devenu du sport de haut niveau », indique le professeur Dominique Penneau-Fontbonne, du service d'addictologie du CHU d'Angers.

Certains milieux professionnels sont plus touchés : les transports, le bâtiment, les cafés, hôtels et restaurants. « Mettre en cause les conditions de travail, ce serait trop simple. La vie est globalement plus dure, les tentations plus grandes », analyse François Wallach, directeur des ressources humaines de la SNCF. « C'est un problème de société, de mal-être global. Des préados de 12-13 ans fument du cannabis. Une habitude qu'ils gardent à leur entrée sur le marché de l'emploi », observe Didier Plassart, directeur régional du travail des Pays de la Loire.

Le dépistage ne fait pas l'unanimité

Quelles qu'en soient les causes, ces comportements addictifs posent des questions de santé et de sécurité qui préoccupent chefs d'entreprise et pouvoirs publics. Selon Étienne Apaire, le président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et la toxicomanie (Mildt), « des études épidémiologiques complètes doivent être effectuées, afin que chaque entreprise mette en place une stratégie de prévention. En Belgique, l'employeur doit désormais afficher une politique préventive en matière d'alcool et de drogues ».

Les dépistages ne font pas l'unanimité. Attention aux libertés individuelles, insiste Dominique Penneau-Fontbonne. Il faut surtout former les médecins du travail, apprendre à dépister les situations à risques, repérer les troubles du comportement. Quels tests pour quels salariés ? Salivaires, urinaires, inopinés ou non ? Qui doit les pratiquer ? Le débat est loin d'être tranché.

À la SNCF, on y est attentif. Sur 155 000 agents, plus de la moitié exercent des fonctions de sécurité. Ils sont contrôlés lors de la visite médicale. Les tests urinaires, programmés, s'avèrent à0,8 % positifs. Des éthylotests sont mis à disposition. « Nous misons sur l'auto-évaluation. S'il existe un test fiable pour les drogues, on se lancera de la même façon. »

Source : ouestfrance.fr

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