
Réduire les coûts liés aux risques professionnels. (30/03/2009)
Quel est l'enjeu financier réel lié à la tarification des accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP) ? Comment est calculé ce taux de cotisation AT/MP ? Peut-on le contester ? Comment maîtriser efficacement et durablement cette source de coûts ? Des questions qui trouvent leurs réponses dans la réalisation d'un audit de votre tarification AT/MP.
Les risques professionnels sont aujourd'hui considérés comme un véritable enjeu de santé publique, que les entreprises s'efforcent d'appréhender par la mise en œuvre de politiques de prévention adaptées. Mais une fois le risque réalisé, les accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP) continuent de constituer une source de coûts importants pour les entreprises.
L'essentiel de ces coûts est lié au « taux de cotisation AT/MP », qui permet aux organismes de Sécurité Sociale de répercuter le coût des risques professionnels à celles qui en sont à l'origine (les entreprises).
En France, le système de tarification des AT/MP est particulièrement complexe. Il repose sur le principe de présomption d'imputabilité à l'employeur des accidents du travail et maladies professionnelles.
Chaque entreprise générant des risques de par son activité, il lui est appliqué, en contrepartie, une prime dénommée « taux de cotisation AT/MP », qui est la résultante d'un mécanisme assurantiel destiné à financer la branche Accidents du travail et maladies professionnelles de la Sécurité Sociale. Ce taux de cotisation est intrinsèquement lié au volume des accidents du travail et maladies professionnelles et à l'activité de l'entreprise. Il donne chaque année lieu à un important contentieux, compte-tenu des enjeux financiers considérables qu'il génère.
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Les trois modes de tarification |
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Type de taux |
Etablissements concernés |
Mode de calcul du taux |
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Taux collectif |
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Fixé annuellement par arrêté, il est calculé en fonction de la masse salariale et coûts AT/MP de la catégorie professionnelle au niveau national. |
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Taux mixte |
Etablissements dépendant d'une entreprise dont l'effectif global est compris entre 10 et 199 salariés |
Il se compose d'une fraction de taux collectif et de taux individuel, calculées proportionnellement à l'effectif |
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Taux individuel |
Etablissements dépendant d'une entreprise dont l'effectif global est au moins égal à 200 salariés |
Il est calculé en fonction des éléments financiers de l'entreprise (masse salariale, coûts des AT/MP) |
NB : Des particularités existent pour les entreprises du BTP, d'Alsace-Moselle et pour les intérimaires.
Même si la sinistralité a diminué sous l'effet des actions de prévention menées par les entreprises, les recettes de la branche AT/MP issues de la tarification (8,7 milliards d'euros en 2005) n'ont cessé de progresser (+20 % entre 2000 et 2005), compte tenu notamment de l'augmentation de la masse salariale. L'enjeu est donc de taille pour les entreprises, qui se sont vues appliquer en 2005 un taux net moyen de 2,134 %.
Pour un établissement ayant une masse salariale de 2,32 millions d'euros, la traduction financière de ce taux est une cotisation annuelle de 49 525 euros.
Il suffit parfois d'un seul accident grave pour que ce taux augmente sensiblement.
Exemple : En cas de décès consécutif à un accident du travail, le forfait mis à la charge de l'entreprise ou de la profession représente 26 fois le salaire minimum soit 600 490 euros.
Un taux fixé à 3,17% du fait d'un seul accident grave, et la cotisation de l'entreprise passe à 73 569 euros, soit une augmentation de 67 % !
Le contexte économique actuel incite fortement les entreprises à réduire leurs coûts de fonctionnement. Dans ce cadre, l'optimisation du taux de cotisation des accidents du travail et maladies professionnelles est un levier d'économies à ne pas négliger.
Il est possible d'agir à la baisse sur ce taux en auditant les pièces de tarification et en diligentant les recours appropriés auprès des instances et juridictions compétentes. En effet, le système mis en œuvre par l'Assurance Maladie est parfois générateur d'erreurs, et il arrive que l'entreprise paye plus qu'elle ne devrait.
L'audit juridique de tarification AT/MP consiste à :
Les recours amiables et contentieux diligentés devant les instances et juridictions compétentes (cf. schéma ci-après) permettront ensuite d'obtenir de la CRAM un taux rectifié.
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Contentieux général |
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Contentieux technique (ou "médical") |
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Contentieux tarifaire |
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L'audit de tarification et les recours associés sont complexes à mettre en œuvre, mais le jeu peut en valoir la chandelle. Si vous ne disposez pas des ressources en interne, il est conseillé de faire appel à un avocat rompu au droit de la sécurité sociale et à ses subtilités. En tout état de cause, l'entreprise ne doit négliger aucun des éléments relatifs aux accidents du travail et maladies professionnelles.
Source : netpeme.fr

Extrait de
Lettre d'information du réseau santé et sécurité au travail - N° 71
(30/03/2009)
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