Emploi sécurité publique, concours et formations aux métiers de la sécurité

Lettre santé et sécurité au Travail

Accueil métier sécurité > Echanges professionnels > Lettre santé et sécurité au Travail

Lettre d'information du réseau santé et sécurité au travail

Actualités

Les entreprises en cadence. (19/08/2009)

Soyez le premier à rédiger un commentaire !

Pour maintenir l'activité, les boîtes misent sur la limitation des contacts. Il y a ceux qui seront jugés «indispensables» à la bonne marche de l'entreprise (informaticiens, salariés de la production, de la sécurité...), contraints de venir travailler en plein pic pandémique... et les autres, sans doute ravis d'apprendre que leur boîte peut tourner sans eux. Et puis il y a les panneaux«Dans notre entreprise, une jolie affiche nous rappelle de nous laver les mains après être passé aux toilettes. Histoire de repasser derrière nos parents vingt ans après...», ironise un salarié des télécoms.


Autant le savoir tout de suite, si le virus A (H1N1) se répand, il faudra mettre de côté ses susceptibilités. La Direction générale du travail (1) encourage les employeurs à monter dès maintenant leur «plan de continuité d'activité» (PCA) : constituer une cellule de crise, «limiter le nombre de personnes présentes simultanément sur le lieu de travail», développer le télétravail, redistribuer les bureaux vides (ceux des malades ou télétravailleurs) aux collègues des open spaces pour limiter la contagion...

L'entreprise pourra aussi mettre en place des horaires décalés et devra penser à «organiser la restauration du personnel : élargissement de la plage horaire d'ouverture de la cantine, espacement des consommateurs, mise en place d'alternative à la restauration collective...» Objectif : protéger la santé des salariés (le code du travail rend responsable le chef d'établissement de la santé et de la sécurité de tous ses employés) et assurer la continuité de l'activité économique du pays. Certaines grosses entreprises - surtout celles dont le rôle est jugé indispensable ou l'arrêt dangereux (transport, nucléaire...) - s'y sont mises. Dans les PME, c'est plus rare.

«Distanciation». Sanofi-Aventis, le groupe pharmaceutique français qui planche sur le futur vaccin antigrippe A, a réactivé son «comité de crise Vigiflu», mis en place en 2005 pour la grippe aviaire. Au lendemain de la première alerte mexicaine, une quarantaine de représentants de la communication, de la sûreté, de la médecine du travail, de l'informatique, etc., se sont réunis en visioconférence et ont décidé de faire tourner les sites mexicains pendant une semaine à 20 % de leurs effectifs et de mettre en place un «extranet» qui permette aux salariés de se connecter depuis chez eux.

Sur tous les sites du labo, masques et lotions hydroalcooliques sont prêts à être distribués. «Nous avons rappelé à notre personnel les règles de "distanciation sociale", rapporte Alain Lamaud, responsable de la cellule pandémie. Eviter les réunions, interdire aux visiteurs médicaux d'aller sur le terrain... En gros, éviter d'avoir des rapprochements entre collègues à moins de 2 mètres.»Dans les sanitaires, les dérouleurs de tissus, «jugés contaminants», sont peu à peu remplacés par des feuilles de papier jetables. A Toulouse, fin mai, deux salariés de Sanofi ont été contaminés. «Il n'y a pas eu de panique... mais ça n'a pas été agréable pour eux : quand on vous récupère chez vous, avec tout ce qu'il faut pour vous conduire à l'hôpital, c'est un peu inquiétant», admet Alain Lamaud.Les deux salariés ont repris leur poste une semaine plus tard.

Dans l'hôtellerie, comme dans les supermarchés, au guichet des banques ou des administrations, ce sont les salariés en contact direct avec les clients qui seront les plus exposés. Chez Accor, ceux-là auront droit à un masque FFP2 (qui protège de l'inhalation des particules en suspension dans l'air) et sans doute à des gants, selon Xavier Graff, directeur de la gestion des risques et crises du groupe. Les autres se contenteront d'un masque chirurgical.

Syndicats et juristes. Sur le papier, c'est nickel. Mais la pandémie venue, les DRH risquent de s'arracher les cheveux. Le télétravail par exemple : encore faut-il que les salariés aient du matériel informatique chez eux... et qu'ils soient volontaires (pandémie ou pas, l'accord du salarié est obligatoire). «L'idéal serait de pouvoir redéployer des effectifs sur les sites en manque de personnel, explique Dominique Bénézet, délégué général du Syndicat national de la restauration collective. Mais nos salariés ne sont pas des escadrons de gendarmerie ! On n'a pas la possibilité juridique de les transférer, il faudra faire des avenants aux contrats de travail dans tous les sens, ça posera des problèmes de responsabilités...»

Syndicats et juristes sont déjà en train de polémiquer : le droit du travail risque-t-il d'être temporairement remis en cause ? La CGT craint les «effets d'aubaine» permis par la circulaire de la Direction générale du travail publiée en juillet, mais qui, juridiquement, ne peut s'imposer au droit du travail (2). Un exemple : en cas de passage en phase 5B ou 6 de la pandémie, un employeur pourrait imposer des heures sup à ses salariés... et les licencier en cas de refus.Même incertitude sur le droit de retrait : un salarié pourra-t-il refuser de venir travailler s'il juge sa santé en danger ? Le cas par cas s'imposera. Autour d'une question : l'employeur a-t-il mis en œuvre les recommandations pour protéger la santé de son personnel ?

(1) La DGT «prépare, anime et coordonne la politique du travail».

(2) Lire «Le droit du travail, prochaine victime de la grippe A ?» sur Libération.fr.

Source : www.liberation.fr

Lettre d'information du réseau santé et sécurité au travail
Extrait de Lettre d'information du réseau santé et sécurité au travail - N° 81 (19/08/2009)
Téléchargez le N° 81 - Archives - Vous abonner


votre panier

Votre panier est vide.

OK
mon compte
plan du site