
Stress au travail: les entreprises ont bougé mais prudence sur les résultats. (03/02/2010)
Une majorité des entreprises de plus de 1.000 salariés semblent avoir répondu à l'injonction du gouvernement d'entamer avant lundi 1er février des négociations ou des démarches sur le stress au travail, mais experts et syndicats se disent réservés sur leurs résultats.
En pleine série noire de suicides de salariés à France Télécom, le ministre du Travail Xavier Darcos a lancé début octobre un plan national d'urgence pour la prévention du stress professionnel, fixant aux grandes entreprises la date-limite du 1er février.
Au milieu du mois, le ministère publiera sur internet un classement des entreprises en trois catégories : "feu vert" (celles qui ont signé un accord), "feu orange" (celles qui ont entrepris une démarche) ou "feu rouge" (celles qui n'ont rien entrepris).
Près de la moitié des quelque 1.500 sociétés concernées, selon un décompte provisoire fait vendredi, se sont inscrites sur un site du ministère où elles doivent préciser leurs démarches (plan d'actions, accord signé avec les syndicats, accord de méthode pour entamer des négociations, etc).
"Il y a un vrai mouvement", observe-t-on à la Direction générale du travail (DGT), service du ministère, qui va laisser finalement jusqu'à mi-février aux entreprises pour compléter leurs dossiers. La DGT appelle à ne pas signer dans la précipitation des accords mais plutôt à travailler sur des accords de méthode.
Les cabinets de conseil spécialisés ont été pris d'assaut, comme Stimulus: "une cinquantaine d'entreprises nous ont appelé début janvier, nous avons dû en refuser la moitié", témoigne son directeur général, Patrick Légeron.
Le Pr Légeron a observé "un vrai changement, preuve en est la question est traitée au plus haut niveau, par les directeurs généraux".
Il regrette toutefois que les pouvoirs publics ne soient pas davantage incitatifs: "montrer du doigt ça pousse à agir, mais arriver à prouver que les entreprises seront gagnantes d'un point de vue économique serait encore mieux", préconise-t-il.
Selon l'Association nationale des directeurs des ressources humaines, "les entreprises vont surtout faire des effets d'annonce pour répondre au ministère mais ensuite il y a l'effet réalité, et certaines auront des difficultés à mettre en pratique leurs actions car il faut du temps", estime son responsable Jean-Ange Lallican.
Pour Jean-Louis Malys (CFDT) aussi, "qu'y a-t-il derrière une case cochée sur internet?": "certaines entreprises cherchent à fournir une aide psychologique ou à repérer les personnes faibles, d'autres sont prêtes à aller plus loin et à travailler sur les origines du stress".
C'est cette dernière approche qui fait défaut selon la CGT-cheminots dans les discussions engagées à la SNCF.
Chez France Télécom, où des négociations engagées en septembre se poursuivent, les syndicats attendent un "rupture" notamment dans les méthodes managériales, que pourrait incarner Stéphane Richard, probable successeur au PDG Didier Lombard.
A Pôle Emploi, né il y a un an de la fusion ANPE-Assedic, une série de tentatives de suicide sur le lieu de travail, cinq rien que fin 2009, ont contribué à l'ouverture de négociations début janvier.
D'autres entreprises, comme Carrefour France, affirment qu'elles n'ont "pas attendu la demande du gouvernement pour agir", avec des études et des formations développées depuis plusieurs années.
Or "finalement, on nous dit que le niveau de stress est similaire ou inférieur à d'autres entreprises et il y a des recommandations comme "+égayer les salles de pause ou améliorer l'ergonomie des sièges des caissières+ mais le mal est beaucoup plus profond", déplore une déléguée CGT.
Source :http://www.google.com/

Extrait de
Lettre d'information du réseau santé et sécurité au travail - N° 91
(03/02/2010)
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