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Lettre d'information du réseau santé et sécurité au travail N° 93 - 02/03/2010 - Tous les articles

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Actualités - Le stress des entreprises listées (02/03/2010)

Le ministère du travail a publié pendant une seule journée, jeudi 18 février, la liste des entreprises de plus de 1000 salariés bien et mal notées en matière de prévention du stress. Des sociétés ont été "black listées". Joséphine Quandalle-Bernard et Marie-Pascale Piot, avocates spécialisées en droit social au cabinet Ernst and Young, analysent les raisons et les conséquences de cette confusion provoquée par l'administration.  

" La santé et la sécurité au travail sont toujours plus au coeur de l'actualité sociale et les questions liées au stress sont plus particulièrement incontournables dans toutes les entreprises.

Constatant que les risques psychosociaux dont le stress au travail représentait un coût croissant, les acteurs européens et français ont souhaité proposé des solutions. En Europe, l'accord cadre de 2004 avait pour objectif de sensibiliser les employeurs, les travailleurs et leurs représentants à la problématique du stress professionnel et à leur fournir un cadre d'action pour déceler et prévenir ou gérer le stress. 

En France, les partenaires sociaux ont signé un accord, en juillet 2008, visant à "transposer l'accord européen en droit français et à prendre en compte les évolutions de la société sur le sujet". 

Pour "accélérer le mouvement", le ministre du travail a "invité" en fin d'année 2009 , les entreprises de plus de 1000 salariés à négocier au plus vite sur le thème, avant d'être listées, selon leur degré de réaction.

L'affichage d'une liste sur le site du ministère, pendant une seule journée le18 février, puis son retrait dès le lendemain, a soulevé un tollé. Mais pour bien comprendre la situation des entreprises concernées, il faut reprendre le fil de l'histoire.

Une volonté politique de faire évoluer rapidement les comportements

La nécessité de prendre en compte les aspects spécifiques de la santé mentale développée dans les accords européens et français a été relayée par les gouvernements. 

Ainsi, en dernier lieu, le 9 octobre dernier, le Ministre du Travail Xavier Darcos a lancé un nouveau challenge pour les entreprises de plus de 1000 salariés. Il enjoignait celles-ci  à ouvrir des négociations sur le stress au travail avant le premier février 2010. 

Quatre mois pour analyser la situation d'une entreprise, définir un plan d'action et ouvrir des négociations avec les partenaires sociaux!

Mais de fait le délai a été plus court.

Pour accompagner les entreprises dans cette démarche, le Ministre a demandé que les directeurs régionaux du travail organisent sur ce sujet des séminaires de présentation aux entreprises et partenaires sociaux avant la fin de l'année 2009 " des entreprises repérées pour leurs bonnes pratiques".

Ces séminaires avaient pour but de présenter les orientations et mesures du plan d'urgence pour la prévention du stress au travail et, accessoirement, de s'assurer que toutes  les entreprises de plus de 1000 salariés soient bien informées en temps utile de la volonté ministérielle. 

Courant décembre, dans la plupart des régions, les directions des entreprises de plus de 200 salariés, ainsi que les secrétaires des CHSCT, ont été conviées à ces réunions. Les directeurs régionaux du travail ont fait intervenir, pour informer sur les bonnes pratiques, les entreprises "où il fait bon vivre". Sont ainsi intervenues des entreprises qui, ayant constaté l'existence de stress au travail en leur sein, avaient déjà mené une démarche de prévention. 

Ce n'est donc qu'à l'occasion de ces invitations en décembre 2009, que les entreprises de plus de 1000 salariés ont eu l'information relative à ce nouvel impératif industriel, soit à peine plus d'un mois avant la fin du délai requis. Période d'autant plus délicate que les entreprises étaient en cours de négociation sur les seniors, de négociation annuelle obligatoire sur les salaires pour bon nombre d'entre elles, et juste avant les congés de fin d'année.

Dans ces circonstances, il était raisonnablement impossible pour ces entreprises d'entamer leur réflexion et encore moins de planifier quoi que ce soit avant le début de l'année 2010. Soit un mois avant la date butoir fixée. Et en s'emparant du sujet sous l'angle sollicité par le ministre, le constat est fait de grandes difficultés matérielles pour répondre à la demande, même pour celles qui, de fait, ne présentent pas de facteurs de risques particuliers de stress au travail.  

Une obligation formelle plus délicate à mettre en oeuvre

La nouvelle obligation imposée à quelques 1500 entreprises est contenue dans une lettre de la direction générale du travail datée de décembre 2009. Celle-ci indique que "le ministre a invité les entreprises concernées à engager significativement les négociations" en vue de " décliner les dispositions de l'ANI du 2 juillet 2008". Il est également précisé qu'à défaut d'accord, l'entreprise devra à tout le moins réaliser un diagnostic et un plan d'action. Il s'agit donc d'une demande formelle (engager les négociations, réaliser un diagnostic...) mais qui porte sur le coeur même de l'entreprise: son organisation. 

Pour les aide dans leurs démarches, il a été proposé aux entreprises de se rapprocher des organismes paritaires visant à l'amélioration des conditions de travail. Mais les ARACT et futures CARSAT, interlocuteurs compétents ainsi suggérés, sont actuellement débordés par les demandes d'information, d'aide et ne peuvent y répondre. 

D'aucuns ont beau jeu de suggérer dans ce contexte la signature d'un accord de méthode, démarche prévue par la lettre de la direction générale du travail de décembre 2009, qui permet de respecter l'injonction tout en n'obligeant pas les partenaires à traiter à fond le dossier. Mais encore faudrait-il obtenir l'accord des partenaires sociaux. Et l'on pourrait comprendre qu'ils ne le souhaitent pas. Sans compter que même la négociation d'un accord de méthode nécessite à notre sens une véritable réflexion. 

En résumé, les entreprises, indépendamment de leur situation au regard du stress, ne pouvaient parvenir à quoi que ce soit de réfléchi et de construit en aussi peu de temps, sauf à y avoir travaillé largement en amont de la demande ministérielle. Il suffit pour achever de s'en convaincre , de se rappeler que dans la liste de ces quelques 1500 entreprises concernées, telle qu'établie par le ministère du travail, un certain nombre comptent de multiples CHSCT ( un par établissement de plus de 50 salariés) des dizaines de médecins du travail, d'infirmières, sans compter leurs nombreux interlocteurs syndicaux. Rien que l'objectif de trouver un terrain d'entente sur la mise en place de groupes de travail et le choix des interlocuteurs utiles sur le sujet est susceptible de prendre plusieurs mois.

Que risquent les entreprises "défaillantes" (même involontairement) après le 1 er février?     

Sous les apparences d'une "invitation" du ministre, l'enjeu est en fait de taille. Le ministre a en effet décidé de publier un fichage de ces entreprises selon trois catégories: vert, orange, ou rouge (voire noir).

Vert pour celles ayant signé un accord de méthode ou de fond, orange pour celles ayant tenu au moins deux réunions ou élaboré un plan d'action concerté, et rouge ou noir pour les autres.

Il était alors facile d'anticiper le fait que certaines entreprises pourraient se retrouver littéralement "black listées". Dans le contexte social particulièrement tendu des derniers mois, les conséquences possibles d'un médiatique "black listage", sont bien suffisantes pour obliger les entreprises à se saisir du sujet, même en l'absence de sanctions financières.

Il paraît en effet malheureusement susceptible d'entraîner des amalgames hasardeux entre l'absence d'avancées en termes de négociations - sollicitées par le ministre- et la réalité de la situation des risques psychosociaux ou du stress dans l'entreprise.

Le système adopté entraîne obligatoirement le "black listage" d'entreprises dans lesquelles il n'y a pas de problème particulier. Paradoxalement sont classées en vert d'autres entreprises dans lesquelles, parce qu'il y a eu des problèmes, on aura négocié sur cette question, sans pour autant qu'ils ne soient résolus. 

Enfin, alors que l'ensmble des acteurs souhaite éviter un formalisme inutile, la sanction du "black listage" pourrait conduire les entreprises à accélérer le processus au détriment du fond.

Cette dérive, déjà critiquée par les organisations syndicales pour les seniors, est en passe de se reproduire, compte tenu des délais très courts et de la sanction.

Il semble que la direction générale du travail ait pris en compte cette critique de la prévalence de la forme sur le fond. Elle indique actuellement que suivant les cas, et au regard des informations qui lui seront remontées par les directions régionales du travail sur les entreprises, il sera possible, malgré l'absence de signature d'un accord- de fond ou de méthode- de coter en vert des entreprises qui ont agi, qui disposent d'un plan d'action concerté. 

Si l'on peut apprécier l'effort consenti de remettre le fond du sujet à l'honneur, nous voyons un risque de dérives très important: sur quels critères exacts et objectifs les choix vont-ils être faits? La réputation d'une entreprise? Le nombre de grèves? Les remontées syndicales ou celles de l'inspection du travail? Remarquons que les listes établies jeudi 18 février laissent en définitive, compte tenu des ouvertures de la direction générale du travail, une large part à la subjectivité....

Les problèmes en suspens

A ces contraintes pratiques, s'ajoutent d'autres difficultés encore. 

Ces 1500 entreprises devaient en principe s'inscrire sur le site du ministère avant le 1 er février. Mais combien ont effectivement reçu le courrier les informant des formalités à suivre pour s'y inscrire? 

La direction générale du travail annonce que 900 entreprises ont répondu. Restaient donc 600 entreprises non inscrites jeudi dernier.

 Ces entreprises non inscrites encore, reçoivent en principe des relances de leurs directions régionales les invitant justement à solliciter leur mot de passe leur permettant de renseigner l'application et de s'inscrire sur le site ministériel même si l'échéance du 1 er février , date limite initialement prévue, est dépassée.

L'objectif ministériel clairement affiché par la direction générale du travail était de s'assurer que toutes ces entreprises soient inscrites avant le rendez-vous avec le COCT (conseil d'orientation sur les conditions de travail) avant le 24 février. Ce qui n'était pas le cas, loin de là, jeudi dernier! 

Cette absence d'inscription n'a pas, pour autant, empêché la direction générale du travail, de publier les listes. Des entreprises ont été "black listées" sans que l'administration n'ait pu s'assurer auparavant qu'elles avaient bien reçu les informations nécessaires à leur inscription.

Enfin quels recours ont les entreprises qui estimeraient ne pas être concernées, soit parce qu'elles n'entrent pas dans le champ d'application de l'ANI du 2 juillet 2008 relatif au stress au travail, et donc en principe de l'incitation ministérielle de négocier, soit du fait de leur effectif? Quels recours ont tous les groupes auxquelles appartiennent les entreprises qui sont apparues dans la liste rouge alors qu'elles n'existent plus? Quels recours ont les entreprises qui se sont vues dans les deux listes orange et rouge? Quels recours ont toutes les entreprises qui n'ont pas été informées du plan d'urgence Darcos et qui sont mal notées alors que leurs indicateurs d'ambiance de travail sont, eux, au vert?  

Une confusion avérée?

 Au cours des réunions d'information régionales, les entreprises s'étaient pourtant montrées volontaires pour discuter de ce sujet, mais dans la sérénité requise à son traitement. Leur souhait de report de l'échéance n'a pas été écouté, au contraire. Leur attente n'était pourtant pas exagérée. En effet pour le sujet moins complexe des seniors les délais de mise en place ont été initialement plus longs et en définitive allongés dans certains cas... De même, lorsqu'il s'agit de négocier sur l'égalité entre les hommes et les femmes, le délai fixé au 31 décembre 2010 laisse aux entreprises une marge de manoeuvre certaine. 

Le ministère aurait sans doute dû les écouter. En effet, la publication des entreprises durant une journée a été désastreuse. La presse s'est emparée des noms des entreprises de la liste rouge pour les clouer au pilori., sans chercher à savoir quelle était la raison de ce classement  (absence de réponse, absence de situation de stress, entreprises non concernées, absence de formalisme).

Ce que l'on pouvait craindre est arrivé: une confusion est déjà faite entre le non respect de l'injonction ministérielle, son fichage orange ou rouge et la réalité d'une situation d'entreprise.

L'on ne saurait trop rappeler que ces nouvelles exigences du ministre ne sont que formelles, le fond est et reste ailleurs..."   

Source : http://blog.lefigaro.fr/

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Actualités - Stress au travail : 10 propositions et des listes qui disparaissent (02/03/2010)

Le rapport « Bien-être et efficacité au travail » a été rendu public mercredi 17 février. Elaboré par des « praticiens » -Henri Lachmann, (Schneider Electric), Christian Larose (CGT) et Muriel Pénicaud (DRH de Danone)- il formule dix propositions pour réduire le stress en entreprises, dont certaines très novatrices. Le gouvernement a également publié un classement de 1500 entreprises selon leurs engagements pour réduire le stress.

Les auteurs du rapport « Bien-être et efficacité au travail », trois personnalités d'horizons divers, ont consulté pendant 10 mois patrons, syndicats, et experts pour remettre au premier ministre un rapport proposant des mesures « concrètes, crédibles et applicables. » Au centre de leurs travaux, la question de santé psychologique au travail fait l'objet de 10 propositions, qui pour certaines sont une première. Partant du constat que « social, santé, organisation et management sont indissociables », les auteurs ont abordé le sujet sans se limiter à la seule question du stress, mais en prenant en compte le « bien-être des salariés et leur valorisation comme principale ressource de l'entreprise ». En France, les consultations pour risque psychosocial sont devenues en 2007 la première cause de consultation pour pathologie professionnelle, rappellent-ils. Selon le ministère du travail, les maladies professionnelles sont en augmentation constante : 43 000 cas étaient recensés en 2007 , 45 000 en 2008. Le stress professionnel  a par ailleurs coûté entre 2 et 3 milliards d'euros en 2007, selon une étude de l'Inres. Les causes ont désormais bien connues : réorganisations, restructurations, peur du chômage et incertitude sur l'avenir, accélération et augmentation des exigences des clients... « L'utilisation à mauvais escient des nouvelles technologies, qui « cannibalise » les relations humaines, et l'émergence de nouvelles formes de taylorisme induites par la performance financière comme seule échelle de valeur dans les comportements », achèvent le constat.


« La santé des salariés est d'abord l'affaire des managers, elle ne s'externalise pas »

Le problème de santé n'est pas un problème de la médecine du travail, c'est un problème de management», a souligné l'un des auteurs du rapport, Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider electric. L'originalité de ce travail réside en effet dans la mise en cause très directe des directions d'entreprise et du management dans les risques psychosociaux. « L'implication de la direction générale et de son conseil d'administration est indispensable. L'évaluation de la performance doit intégrer le facteur humain, et donc la santé des salariés », expliquent les auteurs, qui proposent  de prendre en compte ce critère dans la  rémunération variable des dirigeants et managers. « La performance économique ne peut être le seul critère d'attribution de la rémunération variable. La performance sociale doit aussi être prise en compte, incluant notamment des indicateurs de santé, de sécurité et de conditions de travail - par exemple le turn over, les accidents du travail, la satisfaction des salariés, la promotion interne ». D'autre part, pour impliquer les directions générales et les conseils d'administration, les auteurs proposent aux entreprises deux pistes : soit de rendre compte annuellement de la responsabilité sociale de l'entreprise - incluant la santé des salariés -, soit la création d'un comité de responsabilité sociale examinant aussi les questions de santé et de sécurité au travail. Reste une question : quelle suite sera donnée à ces propositions ? Christian Larose, co-auteur du rapport et le vice-président du Conseil économique, social et environnemental a jugé «consternant» l'accueil que leur ont réservé les organisations patronales.  «On ne veut pas bouger sur ces sujets, et on trouve toutes les raisons du monde pour dire que la question de la santé au travail n'est qu'une mode», a-t-il déploré.

Classement des entreprises

Au lendemain de la publication du rapport, le ministère du Travail a publié une liste  sur  son site www.travailler-mieux.gouv.fr., qui classe 1500 entreprises de plus de 1000 salariés en « vert, orange et rouge, » suivant le degré d'avancement de leur politique anti-stress. Sur le principe américain du « Name and Shame », le ministère a envoyé un questionnaire à 1500 entreprises. 600 n'ont pas répondu et sont donc classées en rouge, à l'instar des 12% d'entreprises « ayant répondu négativement au questionnaire du ministère ou n'ayant apporté aucun élément permettant de constater un engagement de négociation ou d'action sur le stress. » La catégorie des plus avancées (vert), réunit 33% des 900 ayant répondu et déclaré avoir signé un accord de fond ou de méthode ainsi que celles qui ont engagé un plan d'action concerté, impliquant les organisations syndicales et / ou les représentants du personnel.  Parmi ces « bons élèves » figurent EDF, Alsthom, L'Oréal, Danone, Carrefour, Sodexo, PSA, Sanofi-Aventis ainsi que plusieurs banques et la FNAC. Réagissant au bon classement de cette dernière, un délégué syndical FO a néanmoins rappelé sur France Info qu "'une expertise sur le sujet avait été menée cet été au sein de la FNAC, avec des résultats accablants pour l'entreprise... qui n'en a tiré aucune conclusion depuis."

Effet d'annonce ?

La catégorie « orange » rassemble la majorité des entreprises qui ont répondu, soit plus d'une entreprise sur deux (55%). On y retrouve Total, ACCOR, BNP, AXA, Dassault, DEXIA, Veolia, Virgin, France Télécom, SFR, Décathlon, Sony France, Mars Chocolat, Maaf et MMA... Si elles ont déclaré avoir procédé à « une ou plusieurs réunions de négociation d'un accord de fond ou de méthode », elles n'ont pas engagé de « dialogue ou de plan d'action avec les représentants du personnel ». Ces entreprises ont cependant vocation à passer dans le vert « dans les prochains mois au fur et à mesure de l'aboutissement de leur travail de négociation », explique le ministère.
Enfin, aucun groupe du CAC 40 ne figure dans la liste "rouge" , qui fait apparaître davantage de filiales de groupes étrangers ou des organismes comme l'Institut Curie, le Centre Pompidou, le Secours catholique ou l'Agence France-Presse. Côté entreprises, y figurent notamment DHL, Cofiroute, Cora, Keolis ou encore Jean-Louis David.
Au-delà de l'effet d'annonce, cette initiative pose question. Le ministère peut-il avoir une quelconque influence sur les engagements réels des entreprises ? Classer les entreprises sur le seul critère des négociations et accords est-il vraiment pertinent pour mesurer l'amélioration des conditions de travail ?

Source : http://www.novethic.fr/

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Actualités - Les grands axes du plan Santé au travail (02/03/2010)

Le ministre du Travail, Xavier Darcos, a présenté le 15 janvier dernier le deuxième plan Santé au travail (PST) pour les années 2010 à 2014. Le PST2 poursuit deux objectifs majeurs : diminuer les expositions aux risques d'accidents du travail et de maladies professionnelles et développer une politique de prévention active.

Les constats

Xavier Darcos a souligné les progrès « indéniables » accomplis en matière de santé et de sécurité au travail au cours des 10 dernières années. Pour autant, le ministre du Travail estime que certains chiffres ne sont pas acceptables : le nombre des accidents du travail stagne à un niveau trop élevé d'environ 700.000 par an (dont plus de 44.000 accidents graves). Pour le seul régime général, les maladies professionnelles ne cessent d'augmenter. On en comptait plus de 43.000 en 2007 et plus de 45.000 en 2008. Autres chiffres inacceptables pour Xavier Darcos : plus d'une personne par jour meurt d'un accident du travail (569 décès en 2008) ou suite à une maladie professionnelle (425 décès en 2008) et plus de 13 % de la population active sont aujourd'hui exposés à au moins un agent cancérogène.

Les objectifs du Plan Santé au travail

Le PST2 doit avoir, pour les prochaines années, deux objectifs majeurs. Le premier est de diminuer les expositions aux risques d'accidents du travail et de maladies professionnelles. Pour cela, deux objectifs précis sont assignés pour la période du plan : une stabilisation du nombre des maladies professionnelles et une baisse de 25 % des accidents du travail. Deuxième objectif : développer une politique de prévention active contre certains risques professionnels clairement identifiés au profit des secteurs professionnels ou des publics les plus sensibles.
Le Plan Santé au travail se caractérise par la volonté d'accentuer fortement l'amélioration des conditions de travail, notamment pour les entreprises de moins de 200 salariés, pour les travailleurs fragilisés en raison de leur situation de travail (intérim, sous-traitance...) ou encore face à des risques émergents ou à des mutations technologiques.

Les quatre axes d'intervention

Quatre axes d'intervention majeurs ont été identifiés. Le premier consiste à développer la production de la recherche et de la connaissance en santé au travail et d'en assurer la diffusion opérationnelle jusqu'aux entreprises et aux salariés. L'accent est mis sur les actions relatives aux nouvelles technologies, aux nanomatériaux, aux agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction.
Le deuxième axe porte sur le développement des actions de prévention des risques professionnels, en particulier des risques psychosociaux, du risque chimique, notamment CMR et neurotoxiques, et des troubles musculo-squelettiques.
Il s'agit en troisième lieu de renforcer l'accompagnement des entreprises dans leurs actions de prévention, en s'attachant tout particulièrement aux entreprises de 11 à 49 salariés, souvent dépourvues de représentation du personnel, mieux les informer des enjeux de la prévention et leur procurer les outils indispensables.
Enfin, le quatrième axe consiste à assurer, au travers de la mise en oeuvre de la réforme des services de santé au travail, la place de ces acteurs dans la stratégie de prévention et renforcer la coordination et la mobilisation des différents partenaires, tant au niveau national que dans les régions.

Source : http://www.netpme.fr/

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Actualités - Troubles musculo-squelettiques : l'épidémie continue (02/03/2010)

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent la première maladie du travail. Les douleurs liées aux TMS touchent 15% des femmes de 20 à 59 ans et 11% des hommes travaillant en entreprise, selon une étude de l'Institut de veille sanitaire (InVS). Pourtant, des solutions existent pour limiter l'exposition des salariés.

Douleurs cervicales ou lombaires, mal au poignet, fourmillements dans les doigts, tendinite du coude ou de l'épaule : les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont une des préoccupations les plus importantes en santé au travail. Ces affections, dont les plus graves peuvent conduire à une invalidité, représentent la première cause de maladie professionnelle indemnisable, selon une étude de l'Institut de veille sanitaire (InVS). En 2008, 40.000 TMS ont été indemnisés au titre de maladies professionnelles par la Sécurité sociale. Soit un coût de 800 millions d'euros.

L'étude de l'InVS présente les résultats du programme de surveillance des TMS mis en place par l'InVS en 2002 dans les Pays-de-la-Loire auprès de 3.710 salariés âgés de 20 à 59 ans. Résultat : 15% des femmes et 11% des hommes sont touchés.

Des pathologies chroniques
Les troubles musculo-squelettiques sont des affections douloureuses qui touchent les tissus des articulations : tendons, muscles, nerfs. Ils sont provoqués par une hypersollicitation en milieu professionnel. Exemple : lorsque les salariés effectuent des gestes répétitifs ou pénibles, au-delà de ce que le corps peut supporter. Ces affections touchent généralement les salariés peu qualifiés : ouvriers, manutentionnaires, travailleurs du bâtiment, mais également les aides ménagères, les agriculteurs, les caissières et même les sportifs.

"Les TMS posent un problème au travail et nuisent à la qualité de vie des personnes atteintes", explique Yves Roquelaure, professeur de médecine du travail au Centre hospitalier universitaire (CHU) d'Angers. "Non seulement elles sont gênées dans leur travail, mais également dans les tâches domestiques, le bricolage, le jardinage... Dans certains cas, attraper une assiette dans un placard peut devenir difficile !"

Autre constat : cette étude montre que "quatre ans après la mise en place du programme de surveillance, les TMS sont toujours un problème", regrette Yves Roquelaure. Pire, "ces maladies tendent à s'aggraver. Les cas sont de plus en plus chroniques et peuvent durer des semaines, voire des mois". Certaines personnes souffrent également de plusieurs TMS : les douleurs s'accumulent dans plusieurs articulations et peuvent durer plus longtemps. Une situation qui empire avec l'âge.

Les TMS ne sont pas une fatalité
Pour autant, "il ne faut pas dramatiser, poursuit Yves Roquelaure. Les TMS se guérissent et il existe des solutions pour limiter l'exposition des salariés". Première piste : modifier l'organisation du travail. "Généralement, on ne laisse pas aux travailleurs la possibilité de développer ou d'utiliser leur savoir-faire comme peuvent le faire les artisans par exemple. Dans les chaînes de production, les ouvriers n'ont pas la possibilité de trouver le geste le plus efficace et le moins douloureux."

Deuxième piste évoquée par ce professeur : développer la coopération entre les salariés. "L'organisation actuelle du travail a tendance à individualiser les salariés. Les travailleurs n'ont plus la possibilité de s'entraider. Si un salarié a mal, il faudrait que son collègue puisse prendre une partie de sa charge de travail pendant une journée par exemple. Les manutentionnaires devraient avoir la possibilité de se mettre à plusieurs pour soulever les charges les plus lourdes. Ce serait une manière de restaurer la confiance entre les travailleurs et l'entreprise."

Yves Roquelaure rappelle enfin qu'il est nécessaire d'adapter les postes de travail en fonction de la morphologie des travailleurs, et notamment des femmes. "Il suffirait par exemple de baisser la hauteur des plans de travail qui sont souvent adaptés aux hommes. Il faudrait également leur fournir des outils plus petits, adaptés à la taille de leur main. Dans les magasins de bricolage, essayez donc de trouver des outils adaptés aux femmes gauchères !".

source : http://www.mutualite.fr/

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